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Québec : partie prenante de l’intelligence artificielle sur la scène internationale

Selon plusieurs économistes et géants de la technologie, la ressource la plus précieuse aujourd’hui n’est plus le pétrole, mais les données.

L’arrivée d’innovations technologiques est en voie de transformer le monde numérique. Il est question ici de technologies comme l’Internet des objets (IdO), qui permet à des appareils de générer et de partager des données, ou comme l’intelligence artificielle (IA), qui est la capacité des machines à apprendre de leurs expériences et à réaliser des tâches dites « humaines ».

Cette révolution sous-entend aussi qu’un grand marché pour les données massives se pointe à l’horizon. Forrester Research estime que le marché de l’intelligence artificielle vaudra environ 1,2 trillion de dollars en 2020. De son côté, l’International Data Corporation (IDC) prévoit que les dépenses liées à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique bondiront de 12 billions en 2017 à 27,6 billions de dollars en 2021.

Des entreprises et des pays de partout sur la planète sont prêts à tirer avantage de l’extraordinaire potentiel qu’apporte l’intelligence artificielle. Et la région de Québec est elle aussi en mesure de se tailler une place enviable dans ce secteur en pleine expansion.

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En raison de la présence d’autres expertises de pointes (optique-photonique, robotique, etc.), la recherche et le développement de solutions peuvent s’appuyer sur l’accès à une quantité importante de données provenant du monde réel – physique et tangible, et pas seulement sur des données qui proviennent d’univers virtuels. Une force distinctive sur laquelle la région de Québec peut et doit miser ! »  explique Mme Alexandra Masson, directrice de l’innovation du Soutien à la croissance d’entreprises chez Québec International, une agence de développement économique qui contribue au développement économique de Québec et à son rayonnement international.

Selon Mme Masson, plusieurs raisons expliquent pourquoi Québec est si reconnue sur le plan de l’intelligence artificielle.

Premièrement, Québec regroupe de nombreux chercheurs en provenance de différentes facultés de l’Université Laval et de plus d’une quinzaine de centres de recherche se consacrant à l’intelligence artificielle. Leurs recherches portent sur une variété de champs, y compris la programmation informatique, l’optique photonique, le manufacturier, les technologies de détection, la production alimentaire et la santé.

Deuxièmement, l’Université Laval investit énormément dans le développement de programmes de haut niveau et de stages dans le but d’attirer et de former la prochaine génération de scientifiques des données. « Québec souhaite intéresser les experts de l’intelligence artificielle de demain à venir étudier et travailler dans la région, précise Mme Masson.

Par ailleurs, ce qui donne à la région un avantage additionnel, c’est la possibilité de prendre appui sur une proximité et une forte tradition de collaboration entre les institutions de recherche et les milieux d’affaires et entre les acteurs de différentes sphères d’activité et de recherche, ce qui favorise les approches pluridisciplinaires.

« Notre région est non seulement un lieu où la recherche fondamentale est bien présente, mais aussi un lieu où la recherche appliquée est foisonnante. »

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Cette collaboration et la nature même de l’intelligence artificielle font en sorte que les applications arrivent rapidement aux entreprises et organisations qui les commercialisent ou les utilisent dans leurs pratiques, et ce, dans une multitude de secteurs où la région peut se démarquer. Pensons ici à :

-          Santé et médecine de précision

-          Ville intelligente

-          Assurances et services financiers

-          Industrie 4.0

-          Transport durable

-          Ressources naturelles

Cette capacité à passer rapidement de l’idée au marché elle est bien réelle. Pour preuve, ce n’est pas une première dans la région, puisque Québec l’a déjà fait par le passé dans d’autres secteurs. À cet effet, soulignons ici les expertises d’enseignement et de recherche dans les secteurs des sciences de la vie ou de l’optique photonique qui ont contribué à faire naître de grandes industries de pointe qui font aujourd’hui la fierté des gens de Québec.

« Présentement, on dénombre près de 60 entreprises qui utilisent l’intelligence artificielle sous une forme ou une autre dans leurs produits », mentionne Mme Masson.

 

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Mais, comment cela se manifeste-t-il dans le tissu industriel régional? En voici un aperçu :

CAPTEURS : 

L’expertise dans le domaine des capteurs a donné naissance à des entreprises aujourd’hui en pleine croissance qui exploitent à leur tour le potentiel de l’intelligence artificielle ; citons notamment Leddartech, le Groupe OPTEL ou encore Nyx Hemera.

AUTOMATISATION:

Lorsqu’on parle d’action et d’automatisation, on vient faire appel à l’expertise d’analyse et à l’intensité de développement des technologies de l’information, une expertise bien présente dans la région. Notons parmi beaucoup d’autres KOREM, Intelli3, RealTraffic  ou Waste Robotics qui permettent dans leurs domaines respectifs de gagner en productivité par l’analyse et l’automatisation des processus.

APPRENTISSAGE :

Enfin, l’apprentissage au cœur des processus est la clé de performance de l’ensemble de ces modèles, souvent développés sur mesure pour des applications propres à des industries ou à des métiers. Ces experts de l’apprentissage machine appliqué sont également présents dans la région de Québec; citons notamment COVEO, AI Worx, Vooban, E.Machine learning, Arcbees, Ingeno et Uman X.

Les centres de recherche de la région, dont l’INO, sont aussi des incubateurs de plusieurs entreprises émergentes qui se servent de l’intelligence artificielle pour créer de nombreuses solutions destinées aux entrepreneurs et aux consommateurs.

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Les développeurs comme Cortex Media, Vooban et Arcbees créent des logiciels et des applications centrés sur l’intelligence artificielle pour différents secteurs, entre autres pour des entreprises de détail qui veulent analyser le comportement des consommateurs ou des manufactures qui souhaitent faire de la maintenance préventive.

Mme Masson, et M. François Laviolette, professeur à l’Université Laval  et directeur du Centre de recherche en données massives, s’unissent pour dire que Québec est un pôle important en intelligence artificielle. 

« La ville déborde de projets conjoints entre les établissements d’enseignement, les centres de recherche, les paliers gouvernementaux et l’entreprise privée, souligne M. Laviolette. Cette approche pluridisciplinaire est la clé du rôle que joue Québec dans l’intelligence artificielle. »

Par exemple, Préhos est une entreprise innovante qui offre une solution technologique d’avant-garde dans le domaine des soins préhospitaliers d’urgence, la paramédecine communautaire et la planification et l’optimisation du transport de patients.

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Le Consortium de recherche en ingénierie des systèmes industriels 4.0, par exemple, est une initiative qui rapproche des organisations, des centres de recherche, des entreprises et l’Université Laval pour aider les manufacturiers à implanter de meilleures pratiques ainsi que les plus récentes technologies d’automatisation industrielle.

L’Unité mixte de recherche en sciences urbaines (UMRsu), de son côté, réunit les grands esprits du domaine des sciences sociales, des sciences appliquées et de géomatique pour développer les villes durables et intelligentes de demain. En tirant parti des données massives et des analyses, l’UMRsu espère faire évoluer plusieurs facettes des travaux publics municipaux, y compris la sécurité urbaine, le transport et la mobilité, ainsi que l’eau et l’environnement.

Pulsar, un espace collaboratif développé à Québec par l’Université Laval et inspiré d’une vision d’Alliance santé Québec, encourage des chercheurs, des cliniciens, des responsables de politiques et des citoyens à travailler ensemble sur des projets de recherche utilisant des données massives, pour améliorer de façon durable la santé des individus et des communautés pour le futur.

Le projet SCALE.AI, coprésidé par l’entrepreneur Louis Roy, président du Groupe Optel de Québec, est un consortium dirigé par l’industrie qui a pour objectif de façonner une nouvelle plateforme mondiale de chaînes d’approvisionnement, renforcer le leadership du Canada en intelligence artificielle (IA) et accélérer l’adoption par l’industrie de technologies habilitantes grâce à des projets collaboratifs et progressifs.

Crédit : PEPS Agrandir

L’Institut d’éthique appliqué (IDÉA) de l’Université Laval joue un rôle crucial en examinant les questions éthiques, l’acceptabilité sociale, les paramètres juridiques et la responsabilité des entreprises en regard de l’intelligence artificielle et en fournissant des recommandations.

« L’intelligence artificielle est un outil puissant qui peut aider l’humanité, explique M. Laviolette. Cependant, elle doit être développée et utilisée de façon responsable et “humaine”. Nous voulons, autant que faire se peut, éviter les abus dans les droits de la personne et les déficiences systémiques. Les lois et les protocoles ont besoin d’être conçus afin que les individus et les entreprises ne puissent pas utiliser l’intelligence artificielle à des fins malintentionnées. »

À Québec, l’intelligence artificielle poursuit sans cesse son ascension. À cet égard, le premier Rendez-vous IA Québec s’inscrit au cœur de la programmation de la Semaine numérique de Québec, un événement majeur sur les technologies numériques qui se tient dans la ville, chaque année en avril. Pendant la journée qui sera consacrée à l’intelligence artificielle, plusieurs experts de renommée internationale y proposeront des conférences, entre autres, messieurs François Laviolette et Yoshua Bengio, professeur titulaire à l’Université de Montréal au Département d’informatique et de recherche opérationnelle, directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA), codirecteur du programme Apprentissage automatique, apprentissage biologique à l’ICRA et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les algorithmes d’apprentissage statistique.

« L’intelligence artificielle est la vague du futur, dit Mme Masson. Et Québec en mettant une expertise transversale comme l’intelligence artificielle au service de marchés verticaux entend bien se tenir au sommet de cette vague pour les années à venir. »

Prochaine lecture Semaine Numérique : l’effervescence numérique de Québec

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